Venus Juno Aeneas Louvre

Pages de titres

Quand nous allons en librairie, que regardons-nous en premier, pour choisir un livre ? La page de couverture, souvent illustrée, et la quatrième de couverture jouent un rôle publicitaire important.

Mais à la Renaissance, le livre est commercialisé sans couverture, ni quatrième. L'acheteur peut le faire relier sur place ou l'acheter en simples cahiers et le faire relier ultérieurement, rassemblé avec d'autres en « recueils factices ».

La page de titre, première page du premier cahier, qui émerge de la « pile », est donc l'élément qui se donne à voir en premier. Elle va progressivement se développer. Elle sert d'abord aux professionnels du livre, pour se repérer entre leurs différents articles. Mais très vite, c'est le lecteur qu'elle vise : titre, auteur, imprimeur, détails sur le contenu du livre, ses conditions d'élaboration, lieu d'édition, date... : autant d'informations qui visent à la fois à informer et à attirer le client.

La page de titre a toute une histoire à la Renaissance. Elle est le fruit d'une élaboration progressive, depuis les premiers incunables qui pouvaient commencer abruptement par un Incipit immédiatement suivi du texte à la façon des manuscrits, jusqu'à la composition de pages très ornées, attrayantes, où figurent un nombre croissant d'informations dans une mise en page soigneusement réfléchie.

Thesaurus linguae latinae

Dans les pages qui suivent, nous vous invitons à découvrir cet objet d'étude passionnant du point de vue de l'histoire culturelle. À travers différents exemples de pages de titres, vous pourrez vous exercer à déchiffrer ces entrées en matière remarquables que sont les pages de titres des XVe-XVIe siècles, avec leurs particularités graphiques qui vous apparaîtront peut-être comme difficiles au début, comme la diversité des caractères (gothiques ou romains), les abréviations et le découpage souvent non sémantique des termes sur la page. Vous pourrez vous exercer à les traduire et réfléchir ainsi aux stratégies publicitaires progressivement développées par les imprimeurs-libraires. Car à la Renaissance comme aujourd'hui, si le livre est une création culturelle – dont on peut se réjouir qu'elle ait fini par être reconnue comme « essentielle » à nos existences même confinées –, il est aussi un produit commercial qui a besoin pour exister, de l'audace et du flair des professionnels du livre.

Pistes bibliographiques

  • Bénévent, Christine et Charon, Annie et alii (éd.), Passeurs de textes : imprimeurs et libraires à l’âge de l’humanisme, Paris, École des Chartes, 2012.
  • Gilmont, Jean-François, et Vanautgaerden, Alexandre (éd.), La page de titre à la Renaissance, Anderlecht-Turnhout, Maison Érasme-Brepols, 2008.
  • Walsby, Malcolm, L'imprimé en Europe occidentale 1470-1680, Rennes, PUR, 2020.

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