Venus Juno Aeneas Louvre
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Médaillon Auguste

La notice qu'Andrea Fulvio consacre à Auguste présente plusieurs spécificités, par comparaison avec d’autres notices d’hommes illustres comme celles de Cicéron et de César. Il ne s’agit pas cette fois-ci d’une compilation de textes antiques biographiques sur Auguste, mais plutôt, semble-t-il, d’une notice d’inspiration personnelle qui puise sans doute à plusieurs sources, la Vie d’Auguste par Suétone et les Res Gestae diui Augusti notamment. Cette biographie est relativement brève et ne met pas tant l’accent sur les res gestae d’Auguste que sur son origine et son contexte familial.

Après avoir lu la vie d'Auguste par Andrea Fulvio, vous pourrez :

  • Approfondir ou découvrir un point de grammaire
  • En apprendre plus sur la vie d'Auguste en lisant d'autres textes anciens et en étudiant des représentations figurées de celle ci.
  • Etudier le médaillon et sa signification

Lisez le texte latin en vous aidant des notes et du dictionnaire

Filius C. Octavii et Atiae, filiae M. Accii Balbi et filiae Iuliae sororis diui Caesaris. Adoptatus ab auunculo C. Caesare. Demum ab eo heres relictus. Natus in regione Palatii ad Capita Bubula. Hereditatem adiit Vrbemque repetiit Martio Philippo uitrico matreque Atia dissuadentibus. Felicissimis successibus bella gessit  et confecit. Cognominatus Augustus Munatii Planci sententia. Pro fluuio uentris in eodem quo pater cubiculo Nolae moritur anno suae aetatis LXXVI. Sepultus inter Flaminiam et Tiberim mausoleo.

Aide à la traduction: Les emplois de l'ablatif

Ce court texte va vous permettre de réviser un certain nombre des emplois de l'ablatif, un cas qui a beaucoup de valeurs et d'usages différents en latin. Les ablatifs ont été surlignés en vert.

  • L'ablatif complément d'agent : en latin, le complément d'agent d'un verbe passif s'exprime à l'ablatif : l'ablatif seul s'il s'agit d'un objet ou d'un être inanimé, l'ablatif précédé de la préposition ab s'il s'agit d'un être animé : ab auunculo C. Caesare est le complément d'agent de adoptatus <est> ab eo est le complément d'agent de relictus <est>.
  • L'ablatif complément circonstanciel de lieu : l'ablatif indique le lieu où l'on est, où se passe une action : natus <est> in regione Palatii
  • L'ablatif complément circonstanciel de temps : la date est indiquée par l'ablatif seul : moritur anno suae aetatis LXXVI
  • L'ablatif complément circonstanciel de manière : le complément circonstanciel de manière à l'ablatif indique le déroulement du procès : Felicissimis successibus bella gessit.
  • L'ablatif absolu : c'est une proposition participiale, composée au minimum d'un sujet et d'un participe, tous deux à l'ablatifs. L'ablatif absolu a souvent une valeur circonstancielle, qui peut être concessive comme dans le texte : Martio Philippo vitrico matreque Atia dissuadentibus.

Pour en savoir plus : la vie d'Auguste

Auguste, chef de guerre et imperator victorieux

Andrea Fuvio évoque très brièvement, par une phrase laconique, les exploits militaires d'Auguste. Il se contente de ces quelques mots : felicissimis successibus bella gessit et confecit. Derrière le superlatif felicissimis successibus – un rappel de la felicitas des imperatores victorieux de la fin de la République ? – se cachent en réalité plusieurs grandes victoires dont Auguste était très fier et que les écrivains n'ont pas manqué de célébrer, parfois à sa demande. Voyons quelques textes qui font écho à ces mots.

Auguste, Res gestae diui Augusti

Avec les Res gestae, rédigées un an avant sa mort, Auguste fait son testament politique. Dans ce texte, il énumère en effet tout ce qu'il a accompli dans l'Empire et pour l'État. Ce texte politique et mémoriel était destiné à êtrecopié et exposé sur des tables de bronze devant le mausolée d'Auguste, dont il est question dans la notice d'Andrea Fulvio, et à être affiché dans les temples, à Rome et dans l'Empire. Des fragments, en latin et en grec, ont ainsi été découverts à Ancyre, l'actuelle Ankara, au XVIe siècle. Les paragraphes 25 à 33 sont consacrés aux hauts faits d'Auguste. En voici un extrait (les mots entre crochets { } ont été restitués par les spécialistes car ils étaient abrégés ou n'étaient plus lisibles sur le monument où le texte gravé a été découvert) :

[25] Mare pacaui a praedonibus. Iurauit in mea uerba tota Italia sponte sua et me be{lli} quo uici ad Actium ducem depoposcit. Iurauerunt in eadem uer{ba proui}nciae Galliae, Hispaniae, Africa, Sicilia, Sardinia. ... [26] Omnium prou{inciarum populi Romani}, quibus finitimae fuerunt gentes quae non p{arerent imperio nos}tro, fines auxi. Gallias et Hispanias prouincias, i{tem Germaniam qua inclu}dit Oceanus a Gadibus ad ostium Albis flumin{is pacaui. Alpes a re}gione ea, quae proxima est Hadriano mari, {ad Tuscum pacari fec}i. nulli genti bello per iniuriam inlato. Cla{ssis m}ea per Oceanum} ab ostio Rheni ad solis orientis regionem usque ad fi{nes Cimbroru}m nauigauit, - quo neque terra neque mari quisquam Romanus ante id tempus adit, Cimbrique et Charydes et Semnones et eiusdem tractus alli Germanorum popu{l}i per legatos amicitiam mean et populi Romani petierunt.

 J’ai purgé la mer des pirates. Toute l’Italie m’a spontanément prêté serment d’allégeance et m’a demandé de la diriger dans la guerre que j’ai gagnée à Actium. M’ont prêté le même serment d’allégeance les provinces des Gaules, des Espagnes, d’Afrique, de Sicile et de Sardaigne. [26] J’ai repoussé les limites de toutes les provinces du peuple romain dont les nations voisines n’étaient pas soumises à notre pouvoir. J’ai pacifié les provinces des Gaules et des Espagnes, ainsi que de Germanie, celles que borde l’Océan, de Gadès à l’embouchure de l’Elbe. J’ai fait ramener la paix dans les Alpes, de la région qui est proche de la mer Adriatique à la mer Tyrrhénienne, sans faire subir à aucun peuple une guerre injuste. Ma flotte a navigué vers l’est sur l’Océan de l’embouchure du Rhin jusqu’au pays des Cimbres, pays où aucun Romain n’était allé auparavant ni par terre ni par mer. Les Cimbres, les Charydes, les Semnons et d’autres peuples Germains de la même région m’ont fait demander par des ambassades mon amitié et celle du peuple romain. (§25-26)

Horace, Odes, 4, 14

Très lié à Auguste, le poète Horace le loue dans plusieurs de ses poèmes. Dans plusieurs de ses Odes , des pièces lyriques, Horace laisse entrer largement l'actualité politique. Il fait de sa poésie un instrument de célébration du Prince. C'est le cas dans l'Ode 14 du quatrième livre où il chante les victoire et les vertus d'Auguste.

Te Cantaber non ante domabilis

Medusque et Indus, te profugus Scythes

miratur, o tutela praesens

Italiae dominaeque Romae; 

te fontium qui celat origines

Nilusque et Hister, te rapidus Tigris,

te beluosus qui remotis

obstrepit Oceanus Britannis,

te non pauentis funera Galliae

duraeque tellus audit Hiberiae,

te caede gaudentes Sygambri

compositis uenerantur armis.

Ils t'admirent, le Cantabre jusqu'ici indompté, le Mède et l'Indien, ils t'admirent les Scythes, qui errent débandés, ô vivante sauvegarde de l'Italie et de Rome souveraine!

Ils t'obéissent, le Nil et l'Ister, qui cachent l'origine de leurs sources, et le Tigre impétueux, et l'Océan peuplé de monstres, qui couvre de son fracas les lointains Bretons,

et le sol de la Gaule, qui ne craint pas la tombe, et celui de la rude Hibérie ; devant toi les Sygambres, qui font du carnage leur joie, déposent leurs armes et ils te révèrent (Od., 4, 14, 41-52. Trad. F. Villeneuve)

  • À qui s'adresse le poète ?
  • Par quelle figure de style, présente dans les trois strophes, le destinataire du discours poétique est-il mis en valeur ?
  • À quelle logique obéit l'énumération des peuples et pays vaincus par Auguste ? Sont-ils évoqués au hasard ?
  • Quelle image de la paix augustéenne est donnée dans ces vers ?

L'imperator victorieux sur les monnaies

La célébration des victoires d'Auguste s'est aussi faite par le biais d'émissions monétaires, contemporaines ou postérieures de peu aux victoires de l'Empereur. C'est surtout sur le Revers de ces monnaies que sont figurés, symboliquement, les attributs et insignes de la victoire, tandis que le droit de la monnaie est constitué d'un portrait d'Auguste. On trouve ainsi au Revers des représentations de Victoire personnifiée déposant une couronne sur un trophée (RIC Augustus IB), ou encore des trophées, c'est-à-dire un amas d'armes et d'armures pris aux vaincus et qui constituent le butin du vainqueur (RIC I Augustus 4A).

Auguste, un surnom octroyé par le Sénat

À sa naissance, le 23 septembre 63 av. J.-C, Auguste ne s'appelait pas Auguste, mais Caius Octavius Thurinus. À sa mort, il porte le nom d'Imperator Caesar Diui Filius Augustus. Ainsi, ne vous y trompez pas, quand vous entendez parler d'Auguste, d'Octave ou encore d'Octavien, c'est du même personnage qu'il s'agit ! Ces changements dans les noms portés par Octave-Auguste se justifient par son histoire. La notice d'Andrea Fulvio nous donne quelques renseignements à ce propos.

C'est au moment de son adoption par César, en -44, – Adoptatus ab auunculo C. Caesare. Demum ab eo heres relictus – qu'un premier changement se produit : il devient Caius Julius Caesar Octavianus. Deuxième étape, à la divinisation de César, son nom change de nouveau, il s'appelle désormais Caius Julius Caesar Diui Filius. En 30 av. J.-C, il est nommé imperator, « général victorieux » ; ce titre honorifique entre dans son nom : Imperator Caesar Diui Filius. Intéressons-nous plus particulièrement à la dernière étape, l'octroi du surnom Augustus.

Ses succès militaires et surtout le fait d’avoir mis un terme à la guerre civile lui valurent l’octroi du surnom d’Auguste par le sénat, le 16 janvier -27, comme l’indique Fulvio en ces termes : cognominatus Augustus Munatii Planci sententia. C’est ce surnom qui figure sur le médaillon et auquel renvoie l’abréviation SC signifiant senatus consulto, « par décret du Sénat ». Munatius Plancus (87 - 15 av. J.-C.) est un homme politique important du principat, proche d’Auguste ; c’est Suétone qui lui attribue l’origine et le choix de ce surnom. Ce dernier a une valeur religieuse et confère de la dignité et de la légitimité au pouvoir d’Auguste comme l’explique encore Suétone :

ut Augustus potius uocaretur, non tantum nouo sed etiam ampliore cognomine, quod loca quoque religiosa et in quibus augurato quid consecratur augusta dicantur

« Le surnom d’Auguste prévalut comme nouveau et plus noble. Il caractérisait les lieux saints, ceux où les augures consacraient quelque chose »

Suétone, Aug., 7, 4

Lisons plus longuement Suétone qui consacre tout le chapitre 7 à cette question des noms d'Auguste, signe qu'un siècle après la mort d'Auguste les choses n'étaient peut-être pas très claires pour les Romains :

(1) Infanti cognomen Thurino inditum est, in memoriam maiorum originis, uel quod regione Thurina recens eo nato pater Octauius aduersus fugitiuos rem prospere gesserat.

(2) Thurinum cognominatum satis certa probatione tradiderim, nactus puerilem imagunculam eius aeream ueterem, ferreis et paene iam exolescentibus litteris hoc nomine inscriptam, quae dono a me principi data inter cubiculi Lares colitur.

(3) Sed et a M. Antonio in epistolis per contumeliam saepe Thurinus appellatur, et ipse nihil amplius quam mirari se rescribit, pro obprobrio sibi prius nomen obici.

(4) Postea Gai Caesaris et deinde Augusti cognomen assumpsit, alterum testamento maioris auunculi, alterum Munati Planci sententia, cum, quibusdam censentibus Romulum appellari oportere quasi et ipsum conditorem urbis, praeualuisset, ut Augustus potius uocaretur, non tantum nouo sed etiam ampliore cognomine, quod loca quoque religiosa et in quibus augurato quid consecratur augusta dicantur, ab auctu uel ab auium gestu gustuue, sicut etiam Ennius docet scribens: "Augusto augurio postquam inclita condita Roma est".

(1) Dans son enfance, on le surnomma Thurinus, soit pour rappeler l'origine de ses aïeux, soit parce que, peu de temps après sa naissance, son père Octavius avait remporté quelques succès sur les fugitifs dans le canton de Thurium.

(2) Il me serait facile de fournir des preuves certaines qu'il fut appelé Thurinus, d'après une petite médaille en bronze que je possède, où il est représenté encore enfant avec ce surnom en lettres de fer déjà presque effacées. J'en ai fait présent à l'empereur qui maintenant la révère parmi ses dieux domestiques.

(3) De plus, Antoine, dans ses lettres, appelle souvent Octave Thurinus par forme de mépris, et Octave lui répond qu'il trouve étrange qu'on lui fasse une injure de son premier nom.

(4) Dans la suite il prit celui de César, puis celui d'Auguste, l'un d'après le testament de son grand oncle, l'autre en vertu de la motion faite par Munatius Plancus. Quelques-uns pensaient qu'il fallait l'appeler Romulus, parce qu'il était en quelque sorte le fondateur de Rome. Mais le surnom d'Auguste prévalut comme nouveau et plus noble. Il caractérisait les lieux saints, ceux où les augures consacraient quelque chose, soit que cette dénomination vînt d'"auctus", soit qu'elle fût tirée des mots "auium gestus" ou "gustus", appliqués aux oiseaux, ainsi que l'indique ce vers d'Ennius : "Quand Rome s'éleva sous d'augustes présages, etc."

  • On retrouve dans ce texte le goût des Anciens pour l'explication de l'origine des noms et la recherche des étymologies, si fantaisistes soient-elles.
  • Quels types d'explications Suétone avance-t-il ? Sur quelles preuves se fonde-t-il ?

Le portrait d'Auguste

Le médaillon

Avant de confronter le médaillon du recueil d'Andrea Fulvio à d'autres portraits du premier empereur de Rome, regardons-le un peu plus attentivement :

Médaillon Auguste
Clipeus Arles Auggp2014
Le Clipeus d'Arles, reproduction du clipeus uirtutis sur lequel est fait mention de la pietas d'Auguste, ainsi que des autres uirtutes de l'empereur.
  • Dans la titulature qui entoure le médaillon, il nous reste à expliquer le titre de pius : l’adjectif pius, qui veut dire « pieux », commémore une des valeurs fondamentales du règne d’Auguste : la pietas. La pietas est l’une des quatre vertus (avec la clementia, la iustitia, la uirtus) qui figurent sur le bouclier d’or, le clipeus uirtutis, que les sénateurs lui octroient en -27. Ce bouclier devait être placé dans la curie. La pietas englobe les devoirs envers les dieux, envers la famille et envers la patrie. Cette vertu est célébrée par Virgile dans son épopée l’Énéide, écrite pour célébrer Auguste lui-même à travers la figure d’Énée. Le surnom pius est fréquemment associé au nom des empereurs, mais plus tardivement.
  • Les lettres S.C. qui entourent la tête de l'empereur : Cette légende signifie « avec la permission du Sénat, sur décret du Sénat ». Cette formule se trouve dans les Res Gestae divi Augusti, ce testament politique écrit par Auguste lui-même afin de le faire graver sur les tables de bronze à l’entrée de son mausolée. Octave-Auguste évoque en ces termes l’octroi de son surnom par le Sénat, le 16 janvier 27 avant J.-C. : pro merito meo senatus consulto Augustus appellatus sum, « pour marquer sa reconnaissance envers moi, le Sénat me décerna par décret le titre d’Auguste » (Res Gestae, 34, 2). Les deux lettres encadrent la tête d’Auguste. Il s’agit de souligner, visuellement, la légitimité de ce surnom. Cette abréviation figure sur plusieurs monnaies frappées soit du vivant d’Auguste (RIC I Augustus 322, 529), soit sous Tibère en l’honneur de l’empereur défunt (RIC I Tiberius 72, 79) ; les lettres n’encadrent pas de la sorte la tête d’Auguste, elles sont plutôt placées au Revers de la monnaie. 
  • La couronne radiée : La couronne que porte Auguste ne ressemble pas à la couronne de laurier que l’on voit habituellement sur les monnaies ou les statues. Il s’agit de la couronne radiée, corona radiata en latin, de radius, « le rayon ». Cette couronne symbolise le caractère divin de celui qui la porte. C’est une façon de montrer symboliquement qu’Auguste a été divinisé à sa mort. On parle de l’apothéose du prince devenu Diuus Augustus, le « divin Auguste », à qui est rendu un culte dans tout l’empire : il est invoqué, on prononce des serments sur son noms, des fêtes lui sont consacrées, des temples sont bâtis en son honneur. La couronne se termine par un nœud et deux rubans que l’on distingue bien. Elle figure de fait sur des monnaies émises après la mort d’Auguste, par exemple RIC I Tiberius 72 (l'image se trouve juste au-dessus).

Du portrait de marbre ...

On connaît plusieurs portraits antiques d'Auguste, dont un magnifique buste en marbre de la 1re moitié du Ier siècle, découvert dans la villa de Chiragan et conservé au Musée Saint Raymond à Toulouse.

Auguste Musée
Buste d'Auguste dit "Prima Porta". Toulouse, Musée Saint-Raymond

... au portrait de mots

Suétone, toujours lui, nous livre un portrait d'Auguste qu'il est intéressant de comparer aux représentations figurées que nous connaissons (Aug., 79) :

(1) Forma fuit eximia et per omnes aetatis gradus uenustissima, quamquam et omnis lenocinii neglegens; in capite comendo tam incuriosus, ut raptim compluribus simul tonsoribus operam daret ac modo tonderet modo raderet barbam eoque ipso tempore aut legeret aliquid aut etiam scriberet. … (3) Oculos habuit claros ac nitidos, quibus etiam existimari uolebat inesse quiddam diuini uigoris, gaudebatque, si qui sibi acrius contuenti quasi ad fulgorem solis uultum summitteret; sed in senecta sinistro minus uidit;  (4) dentes raros et exiguos et scabros; capillum leuiter inflexum et subflauum; supercilia coniuncta; mediocres aures; nasum et a summo eminentiorem et ab imo deductiorem; colorem inter aquilum candidumque; (5) staturam breuem.

(1) Sa beauté traversa les divers degrés de l'âge en se conservant dans tout son éclat, quoiqu'il négligeât les ressources de l'art. Il s'inquiétait si peu du soin de sa chevelure, qu'il occupait à la hâte plusieurs coiffeurs à la fois, et que, tantôt il se faisait couper la barbe, tantôt il la faisait raser, sans qu'il cessât, pendant ce temps, de lire ou d'écrire. … (3) Auguste avait les yeux vifs et brillants; il voulait même que l'on crût qu'ils tenaient de la puissance divine. Quand il regardait fixement, c'était le flatter que de baisser les yeux comme devant le soleil. Son oeil gauche s'affaiblit dans sa vieillesse.  (4) Ses dents étaient écartées, petites et inégales, ses cheveux légèrement bouclés et un peu blonds, ses sourcils joints, ses oreilles de moyenne grandeur, son nez aquilin et pointu, son teint entre le brun et le blanc. (5) Il avait la taille courte.

Pistes bibliographiques pour aller plus loin

Nous vous recommandons la consultation et la lecture du magnifique catalogue de l’exposition Auguste qui eut lieu à Paris, au Grand Palais, du 19 mars au 13 juillet 2014 (édition : Réunion des Musées Nationaux, Grand Palais, 2014). C’est une mine d’informations et d’illustrations.

Voir aussi, pour les sources antiques :

  • Suétone, Vie des douze César. Tome 1 : César – Auguste, Texte établi et traduit par Henri Ailloud. Paris : Les Belles Lettres, 1981
  • Res Gestae diui Augusti. Hauts faits du divin Auguste. Texte établi et traduit par John Scheid. Paris : Les Belles Lettres, 2007. 
Par Bénédicte Chachuat
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