Voici la facétie 247 de Poggio Bracciolini. L'auteur lui a donné le titre suivant. Arrivez-vous à le comprendre ?

Bellum mulieris reponsum ad iuuenem suo amore flagrantem.

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Maintenant, regardez l’image. Où sommes-nous ? Quelle est l'attitude des différents personnages ? Essayez d’imaginer plus concrètement le déroulement de la facétie. Aidez-vous des bulles.

Faceties Format G Final 06
Dessin de Théo Lucchetti

Essayez de traduire le texte. Les aides à la traduction vous aideront à comprendre les aspects grammaticaux les plus complexes. Ensuite, vous pourrez consulter la traduction.

Iuvenis quidam Florentiae amore calebat mulieris nobilis atque honestae, quam ad templa et quocumque diuerteret frequentius sequebatur. Hic cum sociis tempus sibi et facultatem dari optabat, quo mulierem paucis uerbis a se ad id praemeditatis et compositis posset alloqui. Cum semel ad templum Sanctae Luciae festo die mulier accessisset, tempus loquendi adesse ex sociis unus ait, cum uidisset eam solam ad fontem adire aquae benedictae. Ille, uelut amisso spiritu stupidus, hortante atque impellente socio, prope mulierem adiit ; oblitusque eorum quae cogitauerat, cum neque auderet loqui, socius autem instaret ut saltem verba funderet, tandem ille : « Domina » inquit, « ego sum uester servitialis ». Ad quae verba subridens foemina : « Satis superque satis famulorum habeo, » inquit, « domi, qui et eam uerrant, et scutellas ac incisoria lavent, ut pluribus mihi seruitialibus non sit opus. » Riserunt socii et hominis stupiditatem, et bellum mulieris responsum.

Commentaire

Dans cette facétie la repartie pleine d’esprit est attribuée à une femme, décrite comme noble et honnête.  Sa brillante réponse est adaptée à son status : à ce propos l’adjectif utilisé est bellus, qui signifie « élégant, aimable ». Sa conduite reste toujours respectable, car elle se moque du jeune homme avec élégance : si les amis ont un rire gras (riserunt), la noble jeune femme tout au plus sourit (subridens foemina). Néanmoins elle rejette son admirateur non seulement avec affabilité, mais aussi avec fermeté. Face à elle, les paroles prononcées par le jeune homme, malgré leur concision, se révèlent inefficace. Surtout, ce qui manque à son éloquence est la spontanéité, ainsi que la capacité à saisir le bon moment : le jeune amoureux prépare soigneusement les mots à prononcer, qu’il veut peu nombreux mais choisis (paucis composit… praemeditatis et compositis) ;mais au moment où il entre dans le champ de vision de la femme dont il est amoureux, sa vue et l’insistance de ses amis le rendent stupidus. Ainsi, il oublie tous les mots auxquelles il avait pensé ; sa réponse est brève et inefficace, provoquant la réponse subtile de la femme. Cette fois, le Pogge se ne moque pas donc d’une trop grande prolixité – contrairement à ce qu’on peut voir dans la facétie 176, mais de l’orateur qui ne sait pas adapter son discours aux circonstances.

Par Chiara Contarino
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